À partir du dimanche 1er novembre 2026, les petits colis achetés en ligne et expédiés depuis un pays extérieur à l’Union européenne supportent des frais de 2 € par article, appelés redevance de traitement européenne. Ces frais s’ajoutent au droit de douane forfaitaire de 3 € appliqué depuis le 1er juillet 2026, et concernent en premier lieu les commandes passées sur des plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress.
Que sont les frais de 2 € sur les colis hors UE ?
Les frais de 2 € sur les colis sont une redevance européenne destinée à financer le travail des douanes sur les envois de faible valeur. En droit européen, elle porte le nom de « Union handling fee », que l’on peut traduire par redevance de traitement de l’Union.
La Commission européenne en a fixé le montant dans un acte délégué adopté en septembre 2026, un texte d’application pris sur la base de la réforme du code des douanes de l’Union. Ce montant a été calculé à partir des coûts supportés par les administrations douanières des États membres et du volume de marchandises à contrôler.
Concrètement, la redevance couvre les opérations nécessaires au passage d’un colis : vérification des données déclarées, analyse de risque, contrôles documentaires et, le cas échéant, contrôles physiques. Le texte a été soumis à une période d’objection de 30 jours du Parlement européen et du Conseil avant son application.
Quels achats sont concernés par la redevance de 2 € ?
La redevance vise les marchandises importées dans l’Union européenne, et en priorité les petits colis de vente à distance d’une valeur maximale de 150 €. C’est le cas de la grande majorité des commandes passées sur les sites d’e-commerce chinois.
Le montant est fixé par article déclaré en douane. Il ne s’agit donc pas d’un forfait unique par carton : une commande regroupant plusieurs produits peut générer des frais plus élevés selon la façon dont elle est déclarée.
- Montant : 2 € par article
- Date d’application : 1er novembre 2026
- Envois visés : marchandises importées de pays hors UE, en particulier les colis de 150 € ou moins
- Cumul : s’ajoute au droit de douane de 3 € et à la TVA
Comment se cumulent droit de douane de 3 € et frais de 2 € ?
Depuis le 1er juillet 2026, l’Union européenne a supprimé la franchise de droits de douane dont bénéficiaient les colis de moins de 150 €. Elle la remplace par un droit forfaitaire temporaire de 3 € par catégorie d’article, prévu jusqu’au 1er juillet 2028. La nouvelle redevance de 2 € vient s’additionner à ce droit.
| Prélèvement | Montant | Depuis |
|---|---|---|
| TVA à l’importation | Taux du pays de livraison (20 % en France) | 1er juillet 2021 |
| Droit de douane forfaitaire | 3 € par catégorie d’article | 1er juillet 2026 |
| Redevance de traitement européenne | 2 € par article | 1er novembre 2026 |
Pour un colis contenant un seul produit, la facture augmente ainsi d’au moins 5 € par rapport à l’époque de la franchise, TVA non comprise. Ces montants sont dus lors du dédouanement par la plateforme, le vendeur ou le transporteur, qui peuvent les répercuter sur le prix payé par le client.
Et la taxe française de 2 € sur les petits colis ?
La France avait mis en place une taxe nationale provisoire de 2 € par article sur les petits colis du 1er mars au 30 juin 2026. Elle a été suspendue le 1er juillet 2026, au moment de l’entrée en vigueur du droit de douane européen de 3 €.
La redevance de novembre ne réactive pas ce dispositif français : il s’agit d’un prélèvement européen distinct, applicable dans les 27 États membres. Les orientations de la Commission prévoient d’ailleurs que les frais de traitement nationaux disparaissent une fois la redevance de l’Union en place, pour éviter un double prélèvement.
Pourquoi l’Union européenne taxe davantage les petits colis
L’objectif affiché est de reprendre le contrôle d’un flux devenu massif. Selon la Commission européenne, 5,9 milliards d’articles de faible valeur vendus en ligne sont entrés dans l’Union européenne en 2025, soit quatre fois plus qu’en 2022, et plus de 90 % d’entre eux provenaient de Chine.
Bruxelles met en avant trois enjeux : le coût des contrôles pour les douanes nationales, la concurrence jugée déséquilibrée avec les commerçants européens soumis aux droits de douane classiques, et la conformité des produits, dont une partie ne respecte pas les normes de sécurité européennes. Les plateformes hors UE doivent aussi désormais désigner un opérateur économique responsable dans l’Union.
Attention aux faux SMS de frais de douane
L’arrivée de ces nouveaux frais offre un prétexte aux escrocs. Les campagnes d’hameçonnage, ou phishing, qui imitent un transporteur ou les douanes pour réclamer quelques euros de « frais de dédouanement » via un lien sont fréquentes, et le changement de réglementation leur donne un vernis de crédibilité.
Les frais légitimes sont en principe réglés au moment de la commande sur la plateforme, ou réclamés par le transporteur dans son propre espace client. Un SMS ou un courriel inattendu demandant de saisir ses coordonnées bancaires pour débloquer un colis doit être considéré comme suspect.
Le calendrier de la réforme douanière
La redevance de 2 € s’applique à partir du 1er novembre 2026, au moment où l’identifiant produit devient également obligatoire dans les déclarations des petits colis. Le droit forfaitaire de 3 € reste en place jusqu’au 1er juillet 2028, date à laquelle doit ouvrir la plateforme numérique EU Customs Data Hub, qui servira à déclarer les importations liées au commerce en ligne. Les droits de douane classiques s’appliqueront alors aux petits colis. À partir de 2028, la redevance sera par ailleurs réduite lorsque l’importateur exploite un entrepôt sous douane dans l’Union.