La compagnie pétrolière nationale d’Abou Dhabi, ADNOC, a signé le 2 novembre 2026 un accord pluriannuel avec OpenAI et G42 pour déployer Frontier, la plateforme d’agents d’IA d’OpenAI. Ce partenariat ADNOC OpenAI fait d’ADNOC le premier groupe du secteur de l’énergie à utiliser cet outil, avec un objectif annoncé : préparer en quelques heures des plans de développement de gisements qui demandent aujourd’hui plusieurs mois.

Qu’est-ce qu’OpenAI Frontier ?

Frontier est une plateforme destinée aux entreprises, lancée par OpenAI le 5 février 2026. Elle sert à créer, déployer et piloter des agents d’IA. Un agent est un programme qui ne se contente pas de répondre à une question : il enchaîne des actions de lui-même pour atteindre un objectif, un peu comme un assistant à qui l’on confie un dossier entier plutôt qu’une simple tâche.

Plusieurs grandes entreprises américaines l’ont adopté dès son lancement, parmi lesquelles HP, Intuit, Oracle, Uber et l’assureur State Farm. ADNOC est la première à l’appliquer à l’exploitation pétrolière et gazière.

Que prévoit l’accord ADNOC OpenAI ?

La première application concerne la planification du développement des champs de pétrole et de gaz. Selon ADNOC, un plan complet pourrait être produit en quelques heures, contre plusieurs mois actuellement, les décisions importantes restant validées par des experts humains.

À terme, le partenariat prévoit de relier les différentes étapes de l’activité du groupe. Les modèles d’OpenAI seront combinés aux données industrielles d’ADNOC pour couvrir toute la chaîne :

  • le développement des gisements et la production ;
  • le raffinage ;
  • la vente et le négoce, avec des agents chargés d’analyser l’offre, la demande, les prix et les marges ;
  • la cybersécurité, au travers du programme Daybreak Blue d’OpenAI ;
  • la formation des salariés d’ADNOC aux outils d’IA.

Le montant du contrat et le calendrier de déploiement n’ont pas été communiqués.

Où les données seront-elles traitées ?

Les calculs se feront aux Émirats arabes unis. Les modèles GPT d’OpenAI fonctionneront sur une infrastructure d’inférence installée dans le pays et fournie par G42. L’inférence désigne la phase où un modèle déjà entraîné produit ses réponses, par opposition à l’entraînement qui le construit.

G42 participe à l’accord par sa filiale Inception42. Ce groupe émirati construit aussi le campus Stargate UAE, un centre de calcul d’un gigawatt annoncé avec OpenAI en mai 2025, dont les 200 premiers mégawatts doivent entrer en service en 2026.

Quelle place l’IA occupe-t-elle déjà chez ADNOC ?

ADNOC utilise déjà l’IA à grande échelle. Le groupe a généralisé ChatGPT Enterprise auprès de plus de 40 000 salariés et revendique plus de 200 applications d’IA et 70 projets de robotique en service ou en développement. Il possède aussi depuis 2019, avec G42, la coentreprise AIQ, spécialisée dans l’IA pour le pétrole et le gaz.

La signature s’est déroulée en présence du prince héritier d’Abou Dhabi, Cheikh Khaled ben Mohammed, après sa rencontre avec Sam Altman, venu assister à l’ADIPEC, le grand salon pétrolier et gazier organisé chaque année dans l’émirat. Ces derniers jours, OpenAI a aussi revu à la baisse l’ambition de sa levée de fonds, ramenée à 20 milliards de dollars, à laquelle participent des investisseurs émiratis.

Quels autres accords OpenAI a-t-elle signés à Abou Dhabi ?

L’accord avec ADNOC est l’un des quatre partenariats conclus le même jour entre OpenAI et des organisations d’Abou Dhabi :

  • un accord de cinq ans entre Inception42 et OpenAI pour diffuser l’IA dans l’administration, les entreprises et l’éducation aux Émirats ;
  • un accord entre Mubadala, Inception42 et OpenAI pour appliquer l’IA à l’analyse d’investissements et à l’évaluation des risques ;
  • une initiative de gouvernement « lisible par les machines », qui convertit lois et règlements dans un format exploitable par l’IA pour accélérer la délivrance de permis et de certificats.

Ce dernier projet est piloté par le département émirati chargé de la modernisation de l’administration. Son premier test porte sur les importations alimentaires, avec l’autorité de sécurité sanitaire des aliments d’Abou Dhabi. Pour les particuliers en France, ces accords ne changent rien à court terme. Ils montrent surtout la place prise par les agents d’IA dans les grandes entreprises, un mouvement qui touche aussi l’offre grand public, comme le montre le quota commun à ChatGPT et Codex prévu en décembre.