Le procès pour pollution intenté à xAI, l’entreprise d’intelligence artificielle d’Elon Musk, va se poursuivre. Le 30 octobre 2026, la juge fédérale Debra M. Brown, du district nord du Mississippi, a rejeté la demande de xAI visant à faire classer la plainte de la NAACP contre les turbines à gaz qui alimentent le supercalculateur Colossus 2 à Southaven. Le dossier xAI pollution entre donc dans sa phase de fond, sans que la culpabilité de l’entreprise soit encore tranchée.
Que reproche la NAACP à xAI ?
La NAACP accuse xAI de faire tourner des dizaines de turbines à gaz sans le permis fédéral exigé par le Clean Air Act, la grande loi américaine sur la qualité de l’air. Ces turbines produisent l’électricité du data center Colossus 2, installé à Southaven, dans le comté de DeSoto, juste au sud de Memphis. Un data center est un bâtiment rempli de serveurs informatiques : celui-ci sert à entraîner les modèles d’IA de l’entreprise, dont le chatbot Grok.
La plainte a été déposée le 14 avril 2026 par la plus ancienne organisation américaine de défense des droits civiques, représentée par les associations environnementales Southern Environmental Law Center et Earthjustice. Elle vise xAI ainsi que sa filiale MZX Tech. Selon les plaignants, ces machines pourraient rejeter plusieurs milliers de tonnes d’oxydes d’azote par an, un chiffre que le tribunal n’a pas vérifié à ce stade.
Le dossier rappelle un premier conflit survenu en 2025 autour de Colossus 1, le supercalculateur installé à Memphis, déjà alimenté par des turbines à gaz mises en service sans autorisation.
Pourquoi la juge a-t-elle refusé de classer l’affaire ?
La juge a écarté un à un les arguments de défense de xAI. L’entreprise avait demandé, le 15 juin, que la plainte soit rejetée définitivement. Voici les trois points tranchés par la décision du 30 octobre :
- La qualité pour agir : la NAACP a bien le droit de saisir la justice au titre du Clean Air Act.
- L’exemption des « sources mobiles » : xAI estimait que ses turbines temporaires, posées sur des remorques, échappaient au permis comme un engin mobile. La juge a considéré qu’une centrale électrique qui alimente un bâtiment fixe n’est pas une source mobile au sens du plan d’application du Mississippi.
- La constitutionnalité du recours citoyen : cette disposition de la loi autorise de simples citoyens ou associations à poursuivre un pollueur. xAI la jugeait contraire à la Constitution ; la juge a estimé que les plaignants défendent leurs propres intérêts et non ceux de l’administration fédérale.
La décision ne dit pas si xAI a enfreint la loi. Elle autorise seulement le procès à continuer.
Quel rôle a joué le gouvernement américain ?
Le ministère américain de la Justice s’est rangé du côté de xAI. Il avait demandé l’arrêt de la procédure en mettant en avant l’importance des activités de l’entreprise pour les opérations militaires des États-Unis.
La juge Brown a rejeté cette demande le 19 octobre 2026. Elle a considéré que le gouvernement fédéral ne pouvait pas mettre fin seul à un recours citoyen. L’administration peut toujours participer au dossier, mais seulement comme partie intervenante.
Les turbines vont-elles s’arrêter ?
Pas pour l’instant. En mai 2026, la NAACP a demandé une injonction préliminaire, c’est-à-dire une mesure d’urgence qui imposerait l’arrêt des turbines pendant toute la durée du procès. Le tribunal ne s’est pas encore prononcé sur cette demande.
De son côté, xAI a annoncé en juillet vouloir retirer 69 turbines temporaires d’ici juillet 2027. Elles doivent céder la place à une centrale permanente de 1,2 gigawatt équipée de 41 turbines, autorisée en mars 2026 par l’agence environnementale du Mississippi (MDEQ). Cette même agence a adressé à l’entreprise un avis d’infraction portant sur environ 6,1 millions de dollars de pénalités potentielles pour trois sites proches de Southaven.
Qui est aujourd’hui derrière xAI ?
xAI est désormais rattachée à SpaceX, sous le nom de SpaceXAI. Ce n’est pas le premier rapprochement au sein du groupe d’Elon Musk : xAI avait déjà absorbé le réseau social X en 2025, deux ans après le lancement de Grok. L’entreprise n’a pas réagi publiquement à la décision du 30 octobre.
L’impact environnemental des data centers d’IA touche aussi l’Europe, comme le montre l’enquête pénale ouverte en Finlande contre un projet de Google. Pour les utilisateurs français de Grok, le procès ne change rien au service à court terme.
Ce qu’il faut retenir sur le dossier xAI pollution
- Le 30 octobre 2026, la justice fédérale a refusé de classer la plainte de la NAACP contre xAI.
- Les turbines à gaz temporaires de Southaven ne sont pas considérées comme des sources mobiles exemptées de permis.
- Le ministère de la Justice n’a pas pu stopper le procès.
- La prochaine étape attendue est la décision du tribunal sur l’injonction préliminaire, qui pourrait imposer l’arrêt des turbines avant le jugement sur le fond.