Le procès Snapchat addiction n’aura pas lieu : Snap a conclu le lundi 2 novembre 2026 un accord confidentiel avec deux adolescents qui accusaient l’application d’avoir abîmé leur santé mentale, quelques jours avant les plaidoiries d’ouverture prévues à Los Angeles. Pour les utilisateurs, cela signifie qu’aucun jury ne se prononcera cette fois sur la conception de Snapchat, et que son patron Evan Spiegel n’aura pas à témoigner.

Que reprochaient les plaignants à Snapchat ?

Les deux plaignants accusaient Snapchat d’avoir été conçu pour rendre ses utilisateurs dépendants. Identifiés par leurs initiales, S.J., 16 ans, originaire de l’Illinois, et K.D.B., 18 ans, originaire du Mississippi, expliquaient avoir commencé à utiliser l’application très jeunes. Selon leur plainte, cet usage compulsif a contribué à une dépression, à de l’anxiété et à des comportements d’automutilation.

Ce type de dossier vise le design des applications, et non les contenus publiés. Les plaignants mettent en cause des mécanismes comme les séries de messages quotidiens ou les notifications, pensés pour faire revenir l’utilisateur, un peu comme une machine à sous qui récompense chaque nouvelle tentative.

Pourquoi ce procès Snapchat addiction était-il attendu ?

Il s’agissait d’un procès pilote, aussi appelé « bellwether ». Le principe est simple : dans une procédure qui regroupe des centaines de plaintes semblables, quelques affaires sont jugées en premier pour donner une idée de ce que décideraient les jurys. Le résultat sert ensuite de repère pour les négociations dans tous les autres dossiers.

La sélection du jury avait débuté le 28 octobre 2026 devant la Cour supérieure du comté de Los Angeles. Le témoignage d’Evan Spiegel, cofondateur et PDG de Snap, était prévu. C’aurait été la première fois que la conception de Snapchat était examinée par un jury dans cette procédure coordonnée.

Combien Snap va-t-il payer ?

Le montant n’a pas été rendu public. Snap s’est contenté d’indiquer que les deux parties étaient satisfaites d’avoir résolu le différend à l’amiable. L’entreprise conteste toujours avoir volontairement rendu son application addictive pour les enfants et met en avant les protections ajoutées pour les plus jeunes.

Que deviennent Meta, TikTok et YouTube dans ce dossier ?

Les trois autres plateformes avaient déjà trouvé un accord avec les mêmes adolescents. Meta, maison mère d’Instagram et de Facebook, a transigé la semaine précédente, après TikTok et YouTube (Google). Snap était donc le dernier défendeur encore en lice.

Ce n’est pas la première fois que Snap évite le tribunal. L’entreprise avait déjà transigé le 20 janvier 2026, avant le premier procès pilote de Los Angeles, puis avant un autre procès prévu en juillet. Dans le premier dossier, jugé en mars 2026, le jury avait estimé Meta et YouTube négligents et les avait condamnés à verser 6 millions de dollars au total : 4,2 millions pour Meta et 1,8 million pour YouTube. Les deux groupes ont annoncé faire appel.

Meta fait face à d’autres critiques sur la sécurité des mineurs depuis plusieurs années, comme le rappelait déjà son renforcement des protections sur Facebook et Instagram. Les assistants d’IA sont désormais concernés à leur tour, à l’image des nouvelles restrictions de ChatGPT pour les adolescents.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Plus de 1 600 plaintes de familles et de districts scolaires restent en attente dans la procédure coordonnée de Los Angeles. Snap a aussi accepté en mai 2026 de verser 8 millions de dollars au district scolaire du comté de Breathitt, dans le Kentucky, sans reconnaître de responsabilité. Ces procédures sont américaines et ne concernent pas directement les utilisateurs français de Snapchat.

  • Accord conclu le 2 novembre 2026, montant confidentiel.
  • Evan Spiegel n’aura pas à témoigner devant le jury.
  • Meta, TikTok et YouTube avaient transigé avant Snap.
  • Plus de 1 600 dossiers encore en attente à Los Angeles.

Les prochains procès pilotes de cette procédure sont programmés pour mars 2027.