Quatorze mois après avoir acquis pour environ 17 milliards de dollars de fréquences auprès d’EchoStar, SpaceX pousserait plus loin son entrée dans la téléphonie mobile américaine. D’après des informations de presse publiées le 2 novembre 2026, le groupe d’Elon Musk discute depuis plusieurs mois avec EchoStar d’un projet autour de Boost Mobile : soit le rachat pur et simple de l’opérateur, soit l’accès à son réseau pour lancer un service mobile à son nom. Aucun accord n’a été annoncé.

Elon Musk aurait mené une partie des échanges en personne, lors d’une rencontre en octobre avec Charlie Ergen, président et actionnaire de contrôle d’EchoStar. L’enjeu se mesure en abonnés : fin juin 2026, EchoStar revendiquait 7,38 millions de clients mobiles, principalement sous les marques Boost Mobile et Gen Mobile.

Ce projet prolonge l’accord signé en septembre 2025. SpaceX avait alors repris les licences AWS-4 et H-block d’EchoStar, payées pour moitié en numéraire (jusqu’à 8,5 milliards de dollars) et pour moitié en actions SpaceX. En échange, les abonnés de Boost Mobile devaient accéder au futur service Direct to Cell de Starlink, qui relie un smartphone ordinaire directement aux satellites, sans antenne relais au sol, une technologie que SpaceX teste depuis la connexion des premiers smartphones aux satellites Starlink début 2024.

Pourquoi le projet SpaceX Boost Mobile bute sur le réseau

Le rapprochement SpaceX Boost Mobile se heurte toutefois à un obstacle juridique. Boost Mobile fonctionne en grande partie comme un MVNO, c’est-à-dire un opérateur qui loue la capacité du réseau d’un autre, en l’occurrence celui d’AT&T et de T-Mobile. Ces contrats ne pourraient pas être transférés à un nouveau propriétaire sans l’accord des deux opérateurs, et plusieurs analystes doutent qu’ils le soient. Elon Musk aurait déjà sollicité Verizon, AT&T et T-Mobile pour accéder à leurs réseaux, et les trois groupes auraient refusé.

Les marchés ont réagi sans attendre : l’action d’AST SpaceMobile, qui développe elle aussi une connexion satellite directe vers les téléphones, a reculé de plus de 11% le lundi 2 novembre 2026. Pour les abonnés français, rien ne change à ce stade : Boost Mobile n’opère qu’aux États-Unis, et SpaceX n’a annoncé aucune offre mobile Starlink pour la France.

Si un accord SpaceX Boost Mobile se concrétise, il devra encore obtenir le feu vert d’AT&T et de T-Mobile, puis celui des autorités américaines de régulation des télécoms.