Après les casques de réalité virtuelle et les lunettes connectées, Meta s’attaque à la robotique domestique avec un robot humanoïde baptisé Max. Révélé le 1er novembre 2026, ce prototype de robot humanoïde Meta a été construit en environ trois mois avec Fourier, une entreprise chinoise installée à Shanghai, et doit à terme aider aux tâches ménagères.
Un prototype né d’une collaboration éclair avec Fourier
L’équipe robotique de Meta s’est rendue en Chine pour travailler directement avec les ingénieurs de Fourier, et il ne lui a fallu qu’une douzaine de semaines pour aboutir à une machine fonctionnelle. Ce choix s’explique par l’expérience du partenaire : Fourier commercialise déjà des humanoïdes, dont le GR-3, un modèle de 165 cm présenté en août 2025 comme un robot de compagnie destiné notamment aux personnes âgées.
Max a ensuite été montré à une partie des salariés de Meta lors d’un sommet interne consacré à la robotique, organisé fin août 2026. Le groupe de Mark Zuckerberg n’a publié ni communiqué ni image de l’appareil, et les informations disponibles proviennent de personnes proches du projet.
À quoi ressemble Max ?
Le robot humanoïde Meta reste de gabarit modeste, nettement plus petit qu’un adulte moyen. Il mesure environ 1,5 mètre pour un poids proche de 48 kg.
- Puce Nvidia Jetson Thor, un module de calcul conçu pour faire tourner des modèles d’IA directement à bord des robots ;
- écran faisant office de visage, capable d’afficher des expressions ;
- haut-parleurs intégrés pour converser avec les occupants du logement ;
- mains à cinq doigts pensées pour saisir de petits objets.
Le recours au Jetson Thor place Max dans la même famille technique qu’une grande partie de l’industrie : Nvidia compte Fourier, Agility Robotics, Boston Dynamics ou Figure AI parmi les utilisateurs de cette plateforme, dont le kit de développement est vendu à partir de 3 499 dollars.
Max 2, déjà sur l’établi
Meta et Fourier n’ont pas attendu longtemps pour lancer une deuxième itération. Le développement de Max 2 a commencé en septembre 2026, avec un torse redessiné, des mains plus habiles pour manipuler les objets, un projecteur et des capteurs supplémentaires destinés à franchir les escaliers, un obstacle classique pour les robots à vocation domestique.
Trois mois de conception pour le premier prototype, une seconde version lancée dès le mois suivant : Meta avance vite sur le robot humanoïde, sans fixer de date de commercialisation.
Le corps physique de l’IA de Meta
Ce prototype s’inscrit dans une stratégie engagée depuis plus d’un an et demi. En février 2025, Meta avait monté au sein de sa division Reality Labs une équipe chargée de concevoir du matériel robotique capable d’effectuer des tâches ménagères, avec l’ambition de fournir l’IA, les capteurs et le logiciel à d’autres fabricants. En mai 2026, le groupe a racheté Assured Robot Intelligence, une jeune pousse de San Diego spécialisée dans l’IA pour robots, dont l’équipe a rejoint Meta Superintelligence Labs, la structure qui pilote désormais les travaux sur les humanoïdes.
Dans cette logique, Meta voit les robots humanoïdes comme une enveloppe physique pour Muse, son agent d’IA. L’objectif est de faire sortir l’assistant de l’écran du smartphone ou des lunettes connectées, un marché où Samsung s’apprête aussi à entrer, pour lui confier des actions concrètes dans la maison. Le rapprochement avec un industriel chinois intervient par ailleurs dans un climat de méfiance entre Washington et Pékin sur les technologies sensibles, comme l’a rappelé récemment l’affaire visant le patron de Nvidia, Jensen Huang.
Le robot humanoïde Meta sera-t-il vendu ?
Meta présente son travail avec Fourier comme un programme de recherche et d’expérimentation interne. L’entreprise affirme ne pas avoir l’intention de vendre les exemplaires de Max, et aucune date de lancement d’un produit grand public n’a été arrêtée.
À titre de comparaison, Tesla a commencé à fabriquer ses robots Optimus, tandis que plusieurs acteurs chinois comme Unitree multiplient les modèles. Sur le plan réglementaire, Meta reste par ailleurs scruté en Europe, comme le montre l’enquête britannique ouverte sur ses nouvelles conditions d’utilisation.
Aucune disponibilité en France n’est donc à l’ordre du jour pour le robot humanoïde Meta. La prochaine étape connue reste la mise au point de Max 2, dont le calendrier n’a pas été communiqué.